Histoires de café
A midi en France
Au pied de la butte Montmartre, Ammad, le patron de l’hôtel de Clermont, a su préserver un véritable petit rade de quartier. Chez Ammad on croise habitants du coin et de l’hôtel… Dans l’arrière-cour, les chambres au mois. Richard vit ici.
Richard: « Ça fait 9 ans que j’habite ici, c’est l’hôtel de Clermont, 18 rue Véron. Le patron est sympa, il est un peu breton d’Afrique du Nord. Il est têtu. Voilà. Moi je suis cuisinier, je vais vous montrer la cuisine si vous voulez. Voilà la cuisine, aujourd’hui c’est couscous. »
Jeudi, c’est le jour du couscous, le plat de la communauté. Un rendez-vous hebdomadaire pour les habitués.
Richard: « Bon ben, ils arrivent hein. Krikri! On y va. »
Pendant que Richard prépare le festin, Krikri, dit Krikri d’amour, qui habite l’hôtel depuis 15 ans, donne un coup de main en cuisine, sous l’oeil bienveillant du Breton kabyle.
Ammad: « Voilà messieurs dames, vous êtes bienvenus au club. »
Et le club s’agrandit de jour en jour. Parmi les anciens, Gérard dit Gégé, qui fréquente le troquet depuis 19 ans.
Gérard: « Je vais vous faire voir une photo si vous voulez, y’en a pour 30 secondes. C’est une photo qui résume à peu près l’ambiance de cet endroit. Voilà, ça c’est une photo d’amour et d’amitié. Alors Hiroshi, un peintre japonais, et Jacky le Black, un ami. Voilà, c’est une photo qui représente à peu près typiquement l’ambiance de ce petit bar restaurant hôtel. »
Guy: « Je crois que tout le monde se sent tellement bien dans ce bistrot c’est que y’a pas de triche. Et ça ça n’a pas de prix. Et chez Ammad c’est ça. Et c’est donc un endroit où on se rencontre sans jamais se donner rendez-vous, on sait que tous les jours à peu près à la même heure en fin d’après-midi les amis sont là et on est là. C’est vraiment et réellement une famille. »
Retour à Alésia. Madame Kaufmann habite à quelques pas du Grand Comptoir. Mais ces quelques pas lui sont souvent bien pénibles. A 86 ans, elle marche difficilement et attend au croisement un bras secourable pour l’aider à traverser la rue qui la sépare du bistrot de Jean-Pierre. Depuis dix ans, Madame Kaufmann déjeune ici tous les jours à midi sans faute.
L’apéro en France, le jardin de bière en Allemagne
Chez Ammad l’apéro a déjà commencé.
Francoise: « Le café c’est un lieu de rencontre, c’est un lieu où on vient socialiser parce qu’on est seul ou parce qu’on cherche un copain, ou parce qu’on ose pas… Et dans Montmartre ça se perd, alors que chez Ammad ça reste comme ça. Que ce soit les gens qui sont célèbres ou les gens qui sont RMIstes, c’est la même. Il faut conserver un côté humain, un côté convivial, un point de rencontre. C’est très important. »
Ici l’apéritif commence tôt l’après-midi. Moment privilégié dans la vie du bistrot français, on gravite autour du comptoir, centre nerveux de l’instant.
